Voici la triste réalité pour une joueuse de jeux vidéo en 2022

22 mars 2022. Cela fait 108 ans que la journée internationale des femmes fut créée. C’est même depuis 1909 que cette journée existe (auparavant en février), pour faire valoir les droits des femmes et lutter pour que ces dernières soient enfin égales face aux hommes. En une centaine d’années, les mentalités ont commencé à changer, mais il reste encore tant de choses à faire.

Dans le gaming, cela reste particulièrement compliqué et des comportements inacceptables continuent de subsister. Que ce soit sur les réseaux sociaux, dans les jeux en ligne ou sur Twitch pendant les LIVES des streameuses, les joueuses sont persécutées, stigmatisées, insultées, harcelées et bien plus encore. Sans compter le mérite qui est enlevé à ses joueuses, où certains n’hésitent pas à leur accorder leur succès uniquement au fait que ce sont des femmes, oubliant tout le travail et le talent qu’il y a derrière cette réussite.

Pour beaucoup, le harcèlement, l’injustice, les critiques (de manière générale sur les réseaux sociaux), mais surtout envers les gameuses sont des légendes urbaines. Pourtant, cela n’existe pas vraiment et 77% des joueuses ont déjà été victimes de harcèlement. C’est pourquoi, à l’occasion du 8 mars 2022, une expérience sociale a été réalisée avec l’aide de Joakim, alias Jkaem, l’un des meilleurs joueurs de Counter Strike : Global Offensive. L’idée de cette expérience était de faire jouer le joueur pro avec un pseudonyme féminin. On vous laisse endurer le résultat.

La triste (et effrayante) réalité des gameuses

Nous devons cette expérience au média Culture Pup. Joakim, alias Jkaem, joueur professionnel sur Counter Strike, faisait partie de ses personnes qui pensait qu’une joueuse pro dans le monde du gaming, ce n’était pas si différent que les joueurs pro. Julie, alias Juliestar, joueuse professionnelle sur Call of Duty va lui faire prendre conscience de la réalité.

L’expérience est très simple, Joakim utilise le compte Steam de Julie pour jouer et avoir un identifiant féminin. Grâce à un modulateur vocal, la voix de Joakim est transformée pour devenir plus féminine. Dès les premières secondes de la game, les autres joueurs s’étonnent de voir une fille arriver dans la partie et les réactions commencent déjà, avant même le début de la partie : « ta voix est adorable » — « les filles ne savent pas jouer ». Ceci n’est que l’introduction.

La partie démarre et le niveau ne va faire que s’effondrer, proposant à Joakim d’utiliser « ses nichons » en guise de gilet par balle, ou lui répétant sans cesse que les filles « ne savent pas jouer ». Puis on monte d’un cran, avec des réflexions obscènes. Au fil des parties, les insultes vont être de plus en plus nombreuses et violentes. Puis les menaces de viols. Ceci n’est qu’un exemple de la triste réalité.

Aujourd’hui, on estime que 59% des joueuses utilisent un pseudo masculin ou neutre pour éviter le harcèlement. De plus en plus de mouvements essaient de faire avancer les choses et faire évoluer les mentalités. D’ici les prochaines semaines, l’association #NSTG (Nous Sommes Tous Gamers) lancera un mouvement d’envergure : #WePlayAsOne, pour lutter contre toutes les formes de cyber-harcèlement et de discriminations en ligne. N’hésitez pas à suivre l’asso pour ne pas rater les prochaines actualités.

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